Association d'acteurs locaux

Le Sol violette, une monnaie éthique et locale expérimentée à Toulouse

L’agglomération toulousaine a récemment développé une initiative participative ambitieuse pour favoriser les échanges humains solidaires entre ses habitants : elle a créé une monnaie complémentaire à l’euro, le Sol violette. De l’argent résolument citoyen.

Depuis mai 2011, les habitants de Toulouse et sa banlieue peuvent choisir, dans les commerces de proximité, de payer en Sols violette – un nom intriguant, mais plein de sens : sol est l’abréviation de solidarité, et violette ancre cette monnaie dans la culture de Toulouse, capitale de la petite fleur. Un sol équivaut à un euro et ne vise pas à remplacer la monnaie européenne, mais à en être une alternative. Une nouvelle monnaie, avec ses pièces et ses billets, expérimentée uniquement dans la région pour favoriser les comportements éthiques et solidaires.

 

Après avoir versé une cotisation de 15€ à l’association Sol, le consommateur peut aller acheter des sols dans les banques partenaires, avec un taux paritaire. Puis il choisit, dans chaque commerce partenaire, de payer en sols ou en euros ; les « solistes », puisque tel est leur nom, bénéficieront d’une réduction substantielle sur leurs achats (la baguette coûte 0.60 sols au lieu de 0.80 euros, par exemple). Les commerçants agréés à recevoir des sols doivent s’engager à respecter une charte éthique durable et solidaire : “Je fais partie d’un réseau d’acteurs qui portent les mêmes valeurs que moi”, explique un des commerçants sur le site de l’opération ; et en effet, on compte la régie de transports en commun de l’agglomération, des magasins bios, un cinéma indépendant, un garage associatif, une boutique de vêtements éthiques… L’idée de base était en effet de permettre aux personnes en situation précaire d’augmenter leur pouvoir d’achat, tout en consommant différemment, et en favorisant l’essor des commerces éthiques et respectueux de l’environnement.

 

Pour les commerçants, le sol est un outil de fidélisation important : les solistes choisissent de préférence les magasins qui acceptent la monnaie locale, puisqu’elle leur permet de payer leurs achats moins chers. Le sol est également une garantie de qualité éthique, comme le rappelle à 20 Minutes Sylvie Delpech, qui dirige la filiale toulousaine de Biocoop : «  Cette initiative est tout à fait dans la philosophie de notre boutique car elle permet de consommer moins bêtement et crée des échanges. »

 

Mais le but n’est pas de faire des économies. Les sols n’ont pas vocation à être thésaurisés : ils doivent circuler dans la communauté. Un particulier désirant épargner en sols se heurte à des conditions dissuasives, car cette monnaie se dévalue à la fin de chaque trimestre. L’objectif est de faire circuler cette monnaie au sein de la communauté : “Le Sol c’est de l’argent pour chez nous et pas pour Wall Street”, déclare un client.

 

Ils sont déjà 45 commerçants à accepter cette monnaie locale à Toulouse, et l’idée a connu un retentissement inattendu : « On est agréablement surpris, déclare à La Dépêche Jean-Paul Pla, conseiller municipal chargé de l’économie solidaire à l’origine de l’opération. Le sol violette marche très fort. Il faut croire que le consommateur est un peu lassé du système classique et que cette nouvelle monnaie représente pour lui, une alternative démocratique intéressante ». Un tel succès que, selon l’édition toulousaine de Libération, le conseiller municipal se prend à rêver de convaincre un millier de solistes d’ici 2012… voire de grands groupes comme Airbus, qui pourraient payer leurs sous-traitants locaux en sols.

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