Fidélisation

Un teinturier parisien s’improvise bibliothécaire pour fidéliser ses clients

« Au Sens Propre, teinturerie littéraire » ; telle est l’enseigne qui surmontait la boutique de Benoît Desaulle, avenue de Suffren à Paris 7e. Déplorant que le passage au pressing se fasse souvent dans la précipitation, la majorité des gens y allant en vitesse en rentrant du boulot, ce teinturier original a décidé d’ajouter à ses services habituels le prêt de livres aux habitués. Une belle réussite de marketing local.

L’idée lui est venue après la mort de ses parents, épris de lecture : héritant de leur multitude d’ouvrages, Benoît Desaulle, un ancien cadre supérieur en informatique reconverti dans la teinturerie, ne savait trop où les mettre…

… Jusqu’au jour où il décida de créer un « coin bibliothèque » dans sa teinturerie, avec un système de prêts entièrement gratuit : « On n’arrête pas de dire que les gens ne lisent plus, je pense que c’est faux, encore faut-il aller les chercher là où ils sont », affirme-t-il avec force.

Le succès est immédiat : les clients saluent l’initiative, d’autant qu’il n’y a pas de librairie dans le quartier. Leur passage à la teinturerie s’allonge, car la discussion dévie de l’efficacité du lavage à sec à la littérature : un enrichissement des contacts qui réjouit le commerçant. Très vite, les clients contribuent au développement du fonds littéraire en apportant des livres dont ils veulent se débarrasser : le nombre d’ouvrages double en un an, dépassant le millier en 2009.

Le « teinturier littéraire », comme il se surnomme, ne s’arrête pas là : en 2008, Joanne et Gerry Dryansky, des voisins qui viennent de publier leur premier roman, lui demande s’il peut parler du livre à ses clients. Benoît Desaulle fait mieux : il en écoule 96 exemplaires au cours d’une vente dédicacée dans sa boutique. Résultat : une teinturerie bondée, des voisins ravis, et pas seulement le couple écrivain ; et en bonus, une visite du célèbre écrivain américain Douglas Kennedy, venu rencontrer « l’homme d’une initiative formidable », dit-il… La presse s’empare de cette jolie histoire de succès, et Benoît Desaulle est même convié à faire partie du jury 2009 du Prix de L’Inaperçu.

Le succès commercial est indéniable, même s’il est difficile de chiffrer précisément le nombre de nouveaux clients que le coin bibliothèque a apporté à Benoît Desaulle. Ce qui est sûr, c’est que les clients qui se mettent à emprunter des livres reviennent beaucoup plus souvent à la teinturerie : le lieu est devenu la bibliothèque de substitution du quartier, et dispose même à présent d’un coin enfant.

Benoît Dessaule n’officie plus aujourd’hui avenue de Suffren et sa bonne humeur manque.

Source : Paperblog.

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